Carnet de route
Une sortie de ski de randonnée décarbonée au départ de Bayonne
Le 13/01/2024 par Charlie Thiebault
Une sortie ski de rando décarbonée en partant de Bayonne : possible ou pas ?
Cela faisait depuis plus d’un an que je réfléchissais à la possibilité de partir de Bayonne pour faire du ski
de rando sans utiliser de voiture. Après avoir potassé durant des heures la carte et les horaires de train, j’en
étais arrivé à la conclusion que c’était peut-être jouable. J’ai éliminé rapidement la possibilité d’aller
jusqu’à Bedous en train vu le temps que prend le voyage (environ 6h avec changement à Pau puis à
Oloron!) 12h aller-retour ne laisse guère de temps pour skier.
Restaient 2 possibilités : soit aller à Pau puis monter à vélo jusqu’à Laruns et skier aux alentours, soit aller
à Lourdes puis utiliser le vélo pour Pierrefite-Nestalas et skier au dessus. Dans les 2 cas il faudrait compter
sur de la neige à basse altitude.
Mon choix s’est porté sur Lourdes en raison de la voie verte dédiée aux vélos qui mène jusqu’à Pierrefite.
L’hiver 2022/2023 est passé sans laisser la moindre occasion. J’ai profité d’un automne et début d’hiver
2023 particulièrement clément pour m’entraîner sérieusement en faisant des circuits combinant
vélo/marche sur le pays basque. Puis début janvier, Anne, Oh ma sœur Anne, a vu le soleil qui rougeoyait et
la neige qui poudroyait (C’est vrai : ma sœur s’appelle Anne, je le précise pour les lecteurs). Bref samedi 13
janvier est prévu beau, la neige est tombée bas, je parle de mon projet à Céline (parce que je sais que c’est
une bonne cliente pour ce genre de défi) et hop, je la prends dans mes bagages.
Je passe le vendredi à acheter les billets de trains pour nous et les vélos, préparer au mieux le sac pour qu’il
pèse le moins possible et répète inlassablement le chargement du vélo pour ne pas perdre de temps lors des
transitions le lendemain.
Samedi, départ de la gare de Bayonne à 6h30 par le 1er train en direction de Lourdes. Peu de monde, on a
tout le temps de monter à bord sans stress. Le contrôleur passera un bon bout de temps à discuter avec nous,
un peu surpris par notre projet. Il en oubliera même de contrôler nos billets.
Pas de chance, le train prend une demi heure de retard suite à des problèmes d’alimentation électrique. La
fenêtre de tir se réduit…
8h45, nous chevauchons nos fiers destriers à la conquête des sommets enneigés.
La voie verte est un régal, 20km sans voiture alors que sur la route, ça bouchonne, ça klaxonne. Pour ce 1er
week-end de beau temps, les gens sont pressés de monter en station. Arrivés à Pierrefite, nous traversons de
l’autre coté de la vallée et montons à Villelongue. Pause casse-croûte et boisson car les vraies difficultés
commencent.
On continue sur Ortiac et ça monte bien raide. Dépôt des vélos sur le parking au dessus car la montée est
trop raide et la neige fait son apparition sur la piste. On attache les vélos, on chausse les skis et c’est parti
pour les granges de Hérou.
On doit régulièrement déchausser car la piste est totalement déneigée sur certaines portions. A partir des
granges, la neige est bien présente, par contre elle s’humidifie à vitesse grand V en raison des températures
extrêmement douces. Résultat, on botte terriblement et c’est franchement fatiguant. Le temps passe et la
Hourquette de Bo est encore loin. On s’est fixé 14h30 comme heure de retour afin d’être sûr de ne pas rater
le dernier train pour Bayonne à 19h30.
On parvient aux environs de 1700m, encore bien loin de la Hourquette à 2100m. De toute façon, les cuisses
commencent à demander grâce et monter jusque là-haut nous aurait pris certainement au moins 1h30.
Après avoir repris quelques forces, nous voilà partis pour une descente de rêve. Ah bah non en fait, la neige
s’est bien alourdie et en pleine descente, je suis obligé de vérifier si je n’ai pas laissé mes peaux sous les
skis ou si les stop skis ne se seraient pas déclenchés sans mon autorisation, mais non, rien de tout ça.
Arrivés sur la piste, la douceur a fait son œuvre et la neige a disparue. Nous terminons donc avec les skis
sur le dos.
On replace les paquetages sur les vélos et c’est parti pour le retour. Il faut être vigilant car, avec la pente et
le poids sur le vélo, on prend vite fait de la vitesse. Retour express sur la voie verte car l’appel de la bière se
fait pressant !
Arrivée à Lourdes à 17h45, nous débarrassons les vélos de leur chargement. Il nous reste 1h30 avant de
reprendre le train de retour à 19h30. Nous nous installons en terrasse d’un hôtel grand luxe et
saucissonnons en sirotant notre demi sous l’œil perplexe des clients rentrant dans l’établissement.
Nous ne dormirons pas dans le train trop excités et heureux de la journée que nous avons passée. 21H30, il
est temps de regagner nos domiciles respectifs et de profiter d’une bonne douche et d’un bon lit.
Alors possible ou pas la sortie ski décarbonée ?
La réponse est oui mais ce n’est pas si simple. D’une part, le champ des sorties possibles en ski sont
limitées (de Lourdes ou de Pau) et conditionnées à une chute de neige à basse altitude, d’autre part il faut
être bien affûté pour enchaîner la montée vélo et ski. Ou alors,il faut trouver un hébergement intermédiaire
pour pour effectuer la sortie sur 2 jours.
Bon quelque chose me dit que je referai une tentative, j’ai déjà un autre projet dont je vous reparlerai.
Merci Céline d’avoir accepté de m’accompagner dans ce périple, ta compagnie l’a rendu d’autant plus
sympa.
